3 mots pour définir son travail

Le travail de Virginie POUJOL pourrait se résumer en quelques mots :
– Onirique
– Foisonnant
– Complexe

Des créations complexes

Virginie POUJOL n’a pas choisi la voie de la facilité. Lors d’une interview sur Radio France à l’occasion de Journées Européennes des Métiers d’Art, un journaliste diplômé des Beaux Arts, homme averti, disait d’elle à l’antenne que son travail est intéressant car mêlant avec complexité plusieurs techniques (peinture, sculpture, travail du bois, incrustations), en restant en permanence à la frontière de l’art contemporain et de la décoration. Ce qui rendait effectivement ses créations inclassables dans aucun style. L’artiste a alors ri, heureuse : les étiquettes, elle les a toujours refusées comme on refuse un monde qui nous enferme. Et son travail d’artiste autodidacte lui ressemble enfin : instinctif, empirique. Ne partant jamais de techniques existantes, n’imaginant que très peu à l’avance, c’est l’alchimie de ses mains associées à une vision aigüe des harmonies de couleurs, matières et reflets de lumière qui suffisent à ce que ses créations prennent la tournure voulue. « Le reste, dit-elle, vient après, au fur et à mesure. Je pars toujours de rien. Je fais le saut dans la page blanche. Ce n’est pas sans gageure mais cette absence de limite intellectuelle m’offre l’émotion d’arriver quelque part où les autres ne sont pas encore allés ».

Des œuvres oniriques et foisonnantes…

On pourrait dire grouillantes même, de mille détails qu’il faut aller chercher. « Mes œuvres, s’amuse-t-elle à préciser, ne sont pas pour les paresseux ». Des détails qui fourmillent comme ses idées, mais dont l’assemblage, l’architecture, apportent une telle cohérence que le résultat est évident, presque simple. On sent l’essence perfectionniste de l’artiste derrière chaque création, qu’on ne cesse de découvrir au fur et à mesure… Un peu comme l’architecture de sa ville natale, où il y a toujours une petite beauté effacée qu’on n’avait pas encore vue auparavant. Et ce processus intellectuel, jalonné de surprises, émerveille. C'est celui en tout cas que Virginie POUJOL recherche patiemment.

Il s’agit d’un travail un brin naïf, où l’humour pointe souvent avec finesse, en clin d’œil, en trompe l’œil. Parce que Virginie POUJOL a gardé son âme d’enfant, elle aime jouer et se jouer. En dessinant des formes, dont elle enlève des pans pour les épurer et laisser volontairement une impression d’inachevé, elle impose l’acte de co-créer : le cerveau du spectateur doit achever ce que son œil ne voit pas. Par ses effets de peinture trompe l’œil, elle fait oublier la matière support (le bois) pour lui conférer une allure métallique ou textile. En opérant de manière à ce qu’il soit difficile, visuellement, de distinguer le vrai du faux, elle veut qu’on touche ses réalisations pour démasquer la supercherie des sens qu’elle génère. Une supercherie qu’elle teste elle-même, refaisant des dizaines de retouches au pinceau ultra fin, reprenant un détail en fermant les yeux pour se servir uniquement du toucher.

Quant au caractère onirique du travail de l’artiste, il tient surtout aux couleurs chatoyantes, intenses, dans un équilibre subtil d’une douceur qui se révèle sous des spots de lumières. Un peu comme un rêve coloré, porteur d’une joie profonde, transmutant la noirceur d’un monde laid en idéal qui s’affiche et se revendique.

Demain…

On imagine que demain, ses créations auront encore progressé à la lumière de ses documentations sur des quantités innombrables d'éléments qui comptent pour assurer la finition de ses réalisations. Et à la lumière de son expérience aussi. Car le temps lui a permis d’être apprivoisée par ses créations et de les aimer enfin après en avoir accouché. Elle les a rendues plus belles au fil du temps, plus complexes et difficiles à réaliser. Ce qu’on sait c’est qu’elle va s’amuser à glisser de plus en plus de détails extraordinaires ou ludiques dans ses décors et qu’avec une centaine de projets de décors encore plus extravagants en tête, elle ne va pas s’ennuyer. Ce qu’on sait c’est qu’elle a envie de conquérir encore plus la France et de se faire connaitre dans d’autres pays, de reprendre sa valise… Des « bébés », conclue-t-elle à quelques décennies de finir sa vie sur une plage au bord d’un lagon, à nager avec les dauphins, sans n’avoir plus à se préoccuper de quelle chaussure mettre à son pied pour ne se consacrer qu’à la ligne infinie de l’horizon, elle a envie d’en faire encore plein d’autres…