Décoration d’hôtel pour séjour de rêve

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S’il y a des hôtels dont la décoration raconte des histoires, il y en a qui ont le double talent de les raconter par deux fois de façon différente. Comme un amour qui ne meurt jamais parce qu’on le jardine.

Décoration d’hôtel personnalisée pour personnalités

Non sans émotion, je redécouvrais  l’hôtel & Spa 3 étoiles aux Sables d’Olonne (voir billet précédent), me muant au milieu des décorations qui ornaient les murs et me laissaient passer jusqu’à ma chambre en se courbant… L’accueil VIP m’allait toujours bien. Et pour tout dire, l’effet fut plus magique que la première fois où j’avais découvert la manière dont l’hôtel avait parachevé son style avec mes décors. A cet instant, il s’est passé quelque chose d’indéfinissable, ma poitrine serrée, mes yeux embués. Alors j’ai suivi les capelines, les notes de musique et le saxo : et déjà un air de fête faisait danser mon cœur ! Je me sentais petite devant ce résultat décoratif superbe de poésie, nue même. Puisqu’ainsi déshabillée par un retour inattendu de mon art, j’ai caché ma pudeur sous la guêpière qui m’attendait à l’angle de l’étage romantique, enfilé la pantoufle de Cendrillon Girly chic (il n’y en avait qu’une !)… Pour toutes les photos de la décoration de cet hôtel avec les créations signées My Crazy Touch, je vous invite à aller sur le billet précédent. Bref, je suis allée clopin clopant jusqu’à ma chambre. Comme une Bridget Jones hyper fière. Et comme cette midinette pour qui j’ai beaucoup de tendresse, tant elle parle à la femme que je suis parfois, mon cœur s’est enflammé, à en devenir énorme et rouge, battant de ses deux pans, comme deux poumons vivants. Unis mais indépendants. Oh bien sur il me manquait ma moitié… Mais je ne sus résister aux charmes de l’hôtel si bellement décoré. Pour couronner le tout, on m’avait donné les clés de la chambre Romance. J’ouvre, prends note de la décoration glamour, jette un œil depuis ma loggia sur la terrasse où trône le jacuzzi accessible sur réservation, et dans lequel se meut un couple heureux. Au loin, par-dessus leurs épaules, j’entrevois la mer. Une mouette me crie un bonjour joyeux. Quand soudain, je tombe sur une femme nue. Peinte sur un des murs de ma chambrée. Par une artiste de talent, dans des tons crus. Un clin d’œil érotique… Je vais me refroidir l’esprit sous la douche ! L’eau coule sous une lumière tamisée : j’adore. C’est ambiance boite de nuit dans la salle de bain. Je chante à tue tête, avant de me rendre compte que la fenêtre de ma loggia est restée ouverte… Quelques instants plus tard, on m’apprendra que Mickael Youn et sa femme avaient occupé « ma » chambre à peine 48 h avant moi. Je dors dans leur lit ! Ils sont passés et repassés devant mes décors ; ils n’ont pas pu faire autrement que de les voir, il y en a à tous les étages de l’hôtel !

Décoration d’hôtel ou voyage initiatique ?

C’est déjà le lendemain matin. Mon petit doigt me dit que ce séjour va passer très vite. Et qu’il me mettra la tête à l’envers.

Je ne me suis pas trompée : au moment où j’écris ces lignes, je suis encore en plein jet lag. Car pour tout dire, mes amis hôteliers m’ont quasiment fait faire le tour du monde en moins de 48 h, avec leurs décorations insolites… Tout a commencé par un détour en Algérie. Alors que guère réveillée je m’attendais à n’arriver qu’à ma table de petit déjeuner comme tout un chacun, où m’attendait surement un bon café, « on » m’emmène voir un tableau dans le hall. Un tableau décoratif d’un genre spécial. Je suis surprise de voir combien l’art visuel peut parfois rencontrer l’art littéraire. Dans une écriture arabe, subtilement traduite pour le néophyte, je découvre quelques mots  qui…  Juste quelques mots, posés là… Qui ont suffit à m’envoler, là-bas, dans ce quelque part où l’on habille mes yeux de plein d’étoiles. Je frissonne car je viens de rencontrer une âme. Je fais le compte : avec cette autre artiste dans l’hôtel, et la peintre à la femme nue, nous sommes trois. Quel mélange éclectique tout de même pour la décoration de cet hôtel ! Mais mes guides secouent la tête d’un air faussement désolé, plutôt amusés que je puisse imaginer que le comptage s’arrêtera à ce trio. Ils m’emmènent dans la salle 19ème. Ah mon café, enfin… ! Une salle à la française. Le plafond n’a pas changé depuis ma dernière visite. Je goûte aux confitures maison, parfum melon charentais pour la première. Puis parfum cerise noire, accompagné d’un petit bout de fromage : voilà que je descends dans le pays basque maintenant ! Et bien sur le périple continue : je n’ai pas vraiment le temps de faire patienter mon postérieur que mon œil droit tombe sur les inepties d’Auguste Derrière, posée là sur ma table de petit déjeuner, dans une édition dont je savoure chaque ligne. Tandis que l’œil gauche est attiré par la main du propriétaire qui me suggère aussi de  lire du Baffie. « Servez-vous dans la bibliothèque : nous avons de merveilleux ouvrages ». J’espère bien surtout me resservir au buffet délicieux, quand malheureusement, mon hôte se prend à me raconter un conte des Soufis. Enfin… plus exactement « quand heureusement » ! Car je crois mourir de rire quand il m’achève au sujet de la sagesse bouddhiste, à coup de phrases distillées entre deux de ses déplacements, tantôt pour accueillir un client, tantôt pour ramener un plateau en cuisine. Et le petit manège dure bien un bon quart d’heure, tandis que je reste pendue à ses lèvres pour savoir comment diantre cette foutue histoire va se terminer pour le héros du conte ! Me voici en Tunisie maintenant avec Gougaud. Et c’est alors que dans un style totalement ubuesque, « on » en profite pour me faire virer de bord de nouveau : destination Venise ! « Car dans la salle, Virginie, avez-vous remarqué les masques et costumes qui trônent à côté du piano ? ». « Ah oui, en effet, intéressant cette décoration d’hôtel » répondis-je d’un air affable. Je pensais avoir botté en touche, mais que nenni ! Et voici qu’on me raconte que quelques habitués viennent caresser l’instrument de quatre mains, en fredonnant en chœur du Elton John. J’ai loupé cela on dirait, je me console en me disant que cela sera la prochaine fois, pour quand je reviendrai. Car je reviendrai dans cet endroit c’est sur !

Décoration du spa situé dans l’hôtel

D’avoir suivi la libellule qui décore le couloir du Spa, de 4 mains sur un piano, je passe à deux sur mon corps : celles de Rose, la masseuse du Spa aux doigts de fée. Elle essaye de me faire décoller pour Bali avec son massage aux pierres chaudes. Mais elle doit in fine se résoudre à ne prendre soin que de mon visage et de mes pieds. Lesquels allégés et élégants se sont mis à marcher tous seuls, fiers de se pavaner sur la plage. Midi et même un peu plus… Déjà ! Mes hôtes m’attendent, pour me faire rencontrer d’autres personnes férues d’art. Je montre quelques photos confidentielles de mes sculptures avec lesquelles je caresse le rêve de décorer l’hôtel de nouveau, en cadeau… Mon travail leur fait penser à un artiste canadien, et aussi à un artiste allemand. Déjà qu’avec mon art qui m’habite, je ne sais parfois plus où j’habite…

Une décoration luxueuse pour la suite de l'hôtel

Pour renchérir, mes hôtes me transfèrent le soir à la fois à Mégève et en Suède, dans ce qu’ils appellent la suite « lune de miel ». Mickael Youn n’a pas pu en profiter et l’a regretté. Alors pour lui et pour tous ceux qui me liront, je décris ce que mes yeux ont vu de la décoration de cette suite d’hôtel.

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Couverture de vrai renard en jetée de lit dans cette suite somptueusement décorée, d’une surface de 40 m2, où je me perds, pans de bois aux murs, cheminée au merveilleux feu crépitant en plein mois de mai pour mieux me relaxer, sauna privatif rien que pour moi et que j’essaye goulument par deux fois…

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C’en est trop : je m’endors sous le mot « love » * et des lumières tamisées rose…

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Le lendemain je me réveille à Hawaï ou Bora Bora, je ne sais pas trop. Dans un jacuzzi privatif sans vis-à-vis, j’essaye toutes les places et les options. Face à une pin up tahitienne en scooter fraichement peinte la veille sur le mur du jardin, je bulle. Il n’est que 7 h du matin. Enfin heure française, alors quelle importance… Si j’avais eu chéri avec moi, je crois que nous aurions terminé cette romance par une crise de fou rire avec nos bonnets obligatoires… à fleurs multicolores, en relief, énormes. J’ai l’air d’un extra-terrestre ! Et pourtant je n’ai pas rêvé, ces moments là je les ai bien vécus. Je ne saurais jamais si ce palais des mille et une nuits est un hôtel des 1001 vies. Mais j’ai l’impression d’y avoir rencontré tant de choses vibrantes d’émotions et de plaisir…  Comme quoi la décoration d’un hôtel lorsqu’elle est bien pensée, mène à tout. Mais surtout pas à ce que l’on croit !

On se dit à bientôt hôtel Arc en Ciel, tu portes bien ton nom, sous les embruns…

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Tes hôtes aussi. Que le sourire continue d’enluminer leur cœur d’or et les accompagner dans leur beau métier qui n'est vraiment pas de tout repos. Merci, mille mercis pour ces mille voyages effectués en votre compagnie et celle des mouettes rieuses, en seulement… trois nuits.

* (amour)

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