Parcours

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Son moteur : « créer c’est donner »

Il y a comme une recherche humaniste dans le travail de l’artiste qui refuse la noirceur du monde et la mocheté de certains esprits en les transcendant avec élégance jusqu’à obtenir une œuvre qui fasse rêver. Créer de l’enthousiasme n’est alors pas futile mais bien un acte généreux où il faut aller puiser viscéralement (plus qu’intellectuellement) le meilleur.
Telle est la signature de Virginie Poujol.

Autodidacte et hyper-sensorielle

Virginie POUJOL est née en 1967 dans une famille en difficulté. A la jolie façon des vilains canards, Virginie Poujol fait partie de ces obstinés de la vie qui jamais n’oublient leurs rêves, extrayant d’on ne sait où cette résistance aux évènements dans une foi insurmontable en le meilleur et le beau, des valeurs socles en bouclier contre les esprits faciles.

Rapide, bouillonnante d’idées et de mots, on a parfois du mal à la suivre, à la manière d’un maitre qui se mérite pour dompter l’étalon. Libre et vivante, elle repousse sans cesse les standards de la routine, avec une naïveté presque sauvage. Elle se considère elle-même comme ayant « la tête dans les étoiles » et « les pieds sur terre » mais « jamais dans le même sabot ». Comme s’il lui fallait essayer tout et toutes les chaussures pour aller plus vite et surtout plus loin. D’ailleurs, on peut lire dans son parcours professionnel un enchainement spectaculaire d’expériences, de diplômes * et de disciplines dans lesquelles elle a bizarrement excellé tour à tour. On est pourtant loin d’une accumulation pulsionnelle, juste une capacité foudroyante à se mobiliser sur un projet, et peu importe de disposer avant le démarrage, de moyens. Tout est bon pour elle, pour apprendre, progresser, compléter… Ses dualités ne sont pas des infidélités faites aux autres et aux choses mais des sources enrichissantes.

Dans cette course effrénée qui n’est pas une fuite mais bel et bien un appétit démesuré de la vie, elle n’oublie jamais la politesse du cœur. Son sourire toujours présent, large et sincère reflète une douceur à fleur de peau, presqu’une timidité parfois, et très certainement une pudeur mêlée d’empathie. Car Virginie POUJOL est une hyper douée de la sensibilité, une « éponge » aime-t-elle à dire. « Je suis une artiste atypique avec des dualités et j'apprends à composer avec ma différence, ma fragilité en tant que force et non plus comme une faiblesse. Je me permets d’être ce que je suis ». Alors elle prend tout et redonne magnifié.

Quand on l'interroge sur son parcours, elle finit par s’avouer qu’il n’y a eu aucun hasard : « juste des zigzags autour d’une ligne droite qui était déjà toute tracée » et qu’elle est parvenue à rejoindre, « comme dans un jeu de construction où tout est venu patiemment s’emboîter dans une quasi perfection ». Et qu’elle ne doit qu’à sa force de caractère. Car elle revenue sur le tard à ses premières amours. Très jeune, elle voulait faire les Beaux-Arts. Elle en avait le talent, avec un 20/20 au bac de dessin, la meilleure note de l’académie. Mais être cigale était un luxe impensable. Parce qu’elle n’a pas eu pour mentor des artistes de renom, elle ne regrette rien de son histoire. Elle se sent vierge de toute influence actuelle et passée. Sans ses détours, elle pense qu’elle n’aurait jamais acquis la capacité qu’elle a aujourd’hui d’offrir à ses clients ce qui fait sa « French crazy touch attitude » : un mélange d’agilité, d’inventivité et de rigueur. Un service qu’elle veut rendre à l’américaine, avec une créativité française, avec son grain de folie à elle qu’on lui a si souvent reproché.

Aujourd’hui, la quarantaine passée, elle se sent enfin « réunie » dans sa passion et n’en a que plus d’énergie.

Totalement autodidacte, son inspiration, elle la tire instinctivement de promenades au grand air, des souvenirs de terres qu’elle a foulées, et en lesquels elle fait le vide. Il y a d’abord eu sa ville natale, à l’architecture magique, d’une autre époque comme on n’en fait plus, inscrite à jamais dans ses sensations de gosse et qu'elle sillonne encore. « Tout y était possible et en particulier, désacraliser la beauté des lieux pour mieux l’apprivoiser, monter sur des estrades, se cacher derrière des colonnades, tester l’écho de hauts plafonds, jouer avec des pampilles. Etre émerveillée et s’amuser ».

De ses fréquentes vacances à la campagne, elle a retenu le silence, la chaleur d’une pierre, l’odeur d’une planche de bois, une couleur qui manquait mais qu’elle « voyait »… Et soudain tout s’accélérait : les trois coups allaient bientôt marteler le sol. Alors, vite : détourner des objets pour des spectateurs invisibles, fabriquer un fond de mur, déplacer un volume, circonscrire un parcours initiatique au milieu de tout ça… Instinctivement : comme si tout était déjà en place dans sa tête. C’est peut être là d’ailleurs qu’est né son amour pour le théâtre, qu’elle a ensuite longtemps pratiqué à un niveau semi-professionnel et qui lui a valu quelques titrages dans la presse ou passage à la TV , tout comme d’être remarquée ensuite par des organisations gouvernementales pour ses communications scientifiques "extravagantes".

Des rares Noëls passés en Lozère chez de vieux cousins paternels, elle se souvient d'avoir entendu le chant du vent et rien d’autre entre deux murs de pierre de vieilles maisons d’un hameau, et parfois au loin les tintements d’une cloche de mouton, d'avoir senti l’eau glacée du ruisseau à truites et de l’abreuvoir à écrevisses avant de se réchauffer avec ces autres, tous en rond autour d’une cheminée, en veillée.

Du spectacle grandiose offert par la manière dont la main de l’homme et la nature ont façonné certains espaces des Etats-Unis, d’Australie ou d’Egypte, de patrimoines orientaux et du Château de Versailles, elle en a retenu les éclats de lumière.
 

Par cette alchimie présente en elle, elle a commencé par créer son univers au travers de décors. Un travail naif, poétique, invitant à la rêverie, de réhabilitation…
Et puis un jour… elle a décidé d'aller plus loin dans l'introspection. Ses sculptures, dont elle ne veut pour l'instant que ne dévoiler que la première, qu'elle considère trop lisse à son goût, s'avèrent fascinantes. On y trouvera de la noirceur violée par de la lumière, dans lesquels elle fait passer des messages. Entre déraison et lucidité… A suivre.

 * notamment Ingénieur Génie Biologique (Polytech Clermont-Fd) doublé d'un DEA, puis DESS de Management à l'IAE de Lyon