Un trophée de haut vol

Il était une fois une jolie musique qui dansait dans ma tête
Celle de mon Val d'Allier, de ces terres natales que j'ai longtemps foulées, munies de grandes bottes pour savourer la joie de m'enfoncer dans leurs douceurs moelleuses et respirer à plein poumon ce parfum d'humus que j'aime tant, vous savez celui des prés à champignons quand il bruine…
Celle de l'eau qui coule, comme dans mes veines, celle de mes sources de vie, celle des cascades qui ressourcent, celle de l'eau si disponible et de plus en plus rare, en espérant que nous pourrons toujours y plonger notre main… Il nous faudra jamais nous défaire de cette volonté.

Il était une jolie musique dans ma tête et je dansais avec elle
Car que serions-nous, sinon pauvres humains, si nous étions privés du plaisir de jouir de nos sens ? Sinon plus rien que loyauté ?

Elle était si jolie cette musique que j'en oubliais les plis qui froissaient mon visage fait de ténacité.

Mais une musique cela se partage
A l'occasion d'une rencontre, je parle de ma recherche créative humaniste qui m'anime, vouloir rendre ce monde plus beau, pour que jamais personne n'oublie, même les jours plus noirs, qu'on peut cueillir ce que la nature nous offre de bonheurs, même à l'état embryonnaire. Car je suis convaincue qu'un petit bonheur c'est comme un graine, quand il doit rencontrer des facteurs favorables pour se développer, il grandira. Il ne tient qu'à nous d'être le jardinier de notre destin. Ne plus croire en cette flammèche, c'est déjà se résigner à mourir, c'est renoncer à la vitalité.

De cette rencontre nait le projet – une commande même : "à vous de composer une sculpture qui viendra récompenser un travail de photographie de notre territoire, incarnant des valeurs morales, sensorielles et techniques ; une sculpture vivante et de grande taille". On me fait confiance.

Et la musique m'entraine avec exigence, des mots turbulents se mettent à papillonner, des tourbillons d'images me soufflent l'inspiration. Je me souviens que mon territoire, notre territoire, avait été photographié il y a quelques temps vu du ciel. J'imagine aussitôt un deltaplane androïde.

Ce qui me fait penser à vieux polaroid. Et si je m'amusais à jouer de la dualité entre numérique et argentique ?

L'un n'a pas dit son dernier mot.

Trophée télécommandé

Je trouve cela rigolo que mon roboïde géant soit télécommandé par une toute petite souris incrustée dans son cerveau, au-dessus de ses oreilles qui lui servent d'ailes. Une spectatrice avisée m'explique que ma sculpture lui rappelle la Victoire de Samothrace. J'aime cette perspective divine.

Trophée connecté

De son corps, plissé comme de l'eau qui coule en cascade, jaillit une clé USB… A nous de faire les branchements sur la toile que je symbolise par des branches d'arbres se terminant comme des terminaisons nerveuses prêtes à s'interconnecter. Je ne sais plus si cette sculpture est inerte ou vivante, virtuelle ou réelle. Je ne suis plus qu'humilité devant elle qui m'a amenée là où je ne m'attendais pas.

Un trophée haut en couleur

Une lampe à led bientôt donnera toutes ses couleurs technologiques à cette sculpture… La led, je la mettrai juste à côté de ces grosses bulles d'eau qu'on aperçoit au travers de ma légèreté évanescente qui bout du sang de mes terres.

Il y aussi une chaine qui pend le long de l'ossature de la sculpture, partant du cou, pour se river au sol. Une chaine pour le lien, une chaine pour se rappeler notre liberté de pensée, une chaine comme un sautoir courant le long d'un dos dénudé jusqu'à l'échine. Bien sur que je voulais signer de ma féminité cette sculpture et…

J'ai poussé l'audace jusqu'à passer une boucle en strass dans la pellicule photo qui ceinture l'oeuvre… Ma crazy french touch qui se joue des codes de la haute couture en les plaçant dans mes créations.

Et pour symboliser l'attractivité du territoire, j'ai imaginé ces ronds dans l'eau… de plus en plus grands, ils vont atteindre un autre rivage et toucher leur but. Des ronds comme une cible…

Que vient viser un objectif. Le mien, le notre, ensemble autrement.

Qui détient ce superbe trophée ?

Cette année 2015, ma création a été remise par Vichy Val d'Allier Développement à La Cuisine Artisanale qui est ainsi devenu le lauréat Coup de Coeur des DCF Vichy, de la semaine nationale de la performance commerciale (soirée du 08 juin 2015 au Palais des Congrès à Vichy). 

Le 03 juin 2013, elle avait été remise de la même façon à Paléopolis.

Dans 2 ans, ce trophée sera remis à une autre entreprise lauréate ! L'art va vivre… Nous réunir…
PS : pensez aussi à parcourir le site de Vichy Val d'Allier Développement, vous découvrirez notre dynamisme et notre belle nature (humaine, pas que paysagère !).

Trophée vue de face. Merci à Bruno Pinard Legry pour notre échange. Vraiment.

Merci à tous ceux qui ont accompagné cette remise de trophée. Ainsi qu'au sous-préfet de Vichy et au président de VVAD qui ont cité devant l'assemblée de 300 dirigeants et représentants du monde économique, le 08.06.2015, mes mots sur "le bonheur qui se sème" des phrases que cette sculpture m'avait inspirée et qu'on peut lire plus haut sur cette page.

Et vue de profil (mais attention les profils droite et gauche ne sont pas symétriques !)

Un trophée qui prend le nom de U

C'était évident, une question aussi pertinente que lancinante de VVAD : "il faut lui donner un nom à cette sculpture". Je ne "voyais" pas lequel… Pourtant c'était évident. Mais plus j'y réfléchissais, plus je me perdais dans des complications sémantiques. Il me fallait un nom court, qui sonne. Un nom original, il ne pouvait en être autrement. En accord avec le caractère androïde – cyber – humanoïde révélé dans la création sculptée. Un nom de code. Comme dans les jeux vidéo peuplés de héros intergalactiques. Et aussi un nom qui fasse un clin d’œil aux découvertes scientifiques, aux étiquetages archéologiques ou géologiques. Et puis au hasard d'une lecture, la révélation m'est apparue.  Dans ce livre *, on parlait des théories du changement émergent, en décrivant la façon dont les civilisations résistent à la désintégration, expriment leur humanisme et innovent. Il était fait état de processus qui font appel à de nouvelles voies de communication portant sur l’espoir, la foi, la joie, la confiance, au milieu de la complexité des interactions qui nous animent au plan personnel, collectif et sociétal, dans un monde contemporain turbulent. J'ai surtout aimé cette acceptation du chaos et de la non linéarité, le passage d’un état stable à une désorganisation éventuellement si choquante qu'elle est déniée par la société, pour arriver à une création plus pleine, plus vraie, sur la rive d’en face : l’évolution c’est aussi cela, par sauts. Je me suis reconnue avec mes multiples U… J'ai reconnu dans ce U les éléments symboliques de ma sculpture, tout comme les valeurs de VVAD.
(Sans compter qu'un U (qui se prononce "you" en anglais) c'est presque le V de Vichy ou de Val d'Allier ! C'est aussi un clin d'oeil aux ailes de la victoire de Samothrace !)

Ce nom U, majuscule, magistral, qui à lui seul et uniquement par sa forme graphique se passant de tout commentaire, témoigne de la puissance des liens, ne pouvait être autre que le nom de ce trophée.

Vous aimez cette sculpture ? Attendez les prochaines : de pures folies…
 

* « Théorie U changement émergent et innovation », sous la direction d’Isabelle Mahy et Paul Carle, Presse de l’Université du Québec

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